Kangaryu Team

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    L'ultime rêve sanglant

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    Thauma

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    L'ultime rêve sanglant

    Message  Thauma le Jeu 6 Mar - 18:02


    HRP : Ce RP est inscrit dans l'univers de GW2, il se peut que plusieurs notions vous paraissent floues. Si cela vous gêne beaucoup, j'essaierai de les expliquer.

               Cette histoire se passe au lendemain de la bataille pour l’Ile de la Griffe.
     
                Thauma errait dans les rues de l’Arche du Lion. Les gardes qu’il croisait l’acclamaient à chaque fois. Cependant, au lieu de le combler de bonheur, ce geste pourtant anodin l’emplissait d’une profonde tristesse. Il ne méritait pas les élans de joie dont les gardes faisaient preuve à son égard. Certes, il avait aidé à les sauver, eux ainsi que leur famille, mais il n’avait pas pu sauver sa camarade, collègue, mentor du Prieuré et néanmoins amie. Lors de l’instant fatidique, Sierran s’était sacrifiée pour permettre à Thauma et aux gardes de s’enfuir. Rien que le fait de penser à celle qui lui avait tant appris fit chanceler Thauma. Il aurait tant aimé la soutenir dans son combat mais ce n’était pas ce qu’elle avait voulu.
                Thauma continua à vagabonder, perdu dans ses pensées. Il ne voulait pas rentrer au Bosquet, il avait peur d’affronter Yewien, la sœur de Sierran, qu’il connaissait et qu’il avait appris à aimer au fil du temps passé avec elle. La confrontation avec elle lui glaçait le sang, il ne voulait pas lui avouer que sa sœur était morte pour le sauver.
                Thauma erra dans la cité ne s’arrêtant que pour manger ou boire et pour faire des sourires faux aux gardes qui le remerciaient et aux personnes qui lui demandaient comment il allait. Personne n’était dupe sur son état, ils se doutaient qu’il n’allait pas bien à cause de la perte de Sierran mais personne n’osait lui en parler en face de peur de voir son moral descendre plus bas que terre.
                Cet état des choses dura un peu moins d’un mois jusqu’au moment où deux sylvaris vinrent remonter le moral de l’élémentaliste. De loin, Thauma reconnut Clearys et Akinoria accompagnés de leurs compagnons. Clearys avait domestiqué un aigle qu’il avait appelé Aisance, quant à Akinoria, son compagnon d’aventure était Flocon, un loup sauvage avec qui elle avait lié une profonde et puissante amitié. Thauma avait rencontré ces deux sylvaris au sein de la guilde des Lucioles Automnales et il avait affronté beaucoup d’ennemis à leurs côtés.
                Alors que ses deux amis approchaient en discutant, Thauma pensa un instant à partir pour retourner se morfondre dans son coin mais cette idée fut vite chassée par le besoin de réconfort qu’il ressentait.
     
    - Thauma, nous te trouvons enfin, dit Clearys en signe de salut. Tu nous as drôlement inquiétés dans la guilde, cela fait un moment qu’on avait plus de nouvelles.
    - Je … Désolé, répondit Thauma, je ne voulais pas vous inquiéter mais j’avais besoin de rester seul un moment pour réfléchir et me recentrer sur moi-même et mon avenir.
    -Allez, ressaisis toi, dit Akinoria en arrivant, arrête de te renfermer. Tu sais bien qu’on sera toujours là pour toi et la guilde aussi.
    -Merci les amis.
     
                Les trois sylvaris parlèrent jusqu’à la nuit tombée et la fin de la conversation fut couronnée par le choix de Thauma de retourner au Bosquet pour parler à Yewien.
                C’est donc emplit d’une nouvelle détermination que Thauma traversa le portail asura pour le Bosquet le lendemain matin. Il était accompagné de Clearys et Akinoria, qui arrivés au Bosquet, allèrent voir l’Arbre Clair pour faire un état de la lutte contre Zhaitan.
                Thauma descendit donc au plus bas niveau du Bosquet, les arbres qu’il connaissait depuis son éveil lui avait manqué. La verdure de l’Arche du Lion était trop faible pour contenter un sylvari comme Thauma.
                En arrivant devant la maison de Yewien, l’élémentaliste l’appela mais sans réponse. Il se dirigea donc vers sa voisine. Celle-ci accueillit Thauma quand il l’appela. Elle lui raconta une triste histoire qui épuisa la motivation du sylvari en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.
                Yewien était partie. A la mort de sa sœur et ne voyant pas son bien aimé revenir de la bataille, elle se sentit abandonnée et elle avait quitté le Bosquet, seule. Elle avait voulu s’investir dans la bataille contre les dragons mais elle avait trouvé la mort en combattant le Destructeur, un des lieutenants de Kralkatorrik.
                A cette annonce, Thauma partit en vitesse pour se réfugier chez lui. Sa maison se trouvait à deux minutes de celle de Yewien mais le chemin lui parut durer une éternité. En arrivant, il se réfugia sur son lit et il se mit à pleurer. Les êtres qui lui tenaient à cœur disparaissaient les uns après les autres, il se retrouvait seul.
                Quand Clearys et Akinoria le rejoignirent après leur entretien avec l’Arbre Clair, il refusa de leur parler. Ce ne fut qu’après l’insistance d’Akinoria que celui-ci leur révéla le destin tragique de Yewien. Akinoria prit le bras de Clearys et l’emmena vers la sortie. Au moment où le rôdeur allait faire une remarque, la sylvarie lui fit un regard lourd de sens. Celui-ci se tut donc et suivit la rôdeuse à l’extérieur.
                Thauma se perdit dans ses pensées et commença à chercher qui était responsable de la mort de sa dulcinée. Le jour se levant, il avait sa réponse. Tout cela ne serait pas arrivé si les Héritiers du Destin avaient fait ce que l’on leur avait demandé et tué Kralkatorrik. Ils avaient échoué dans la tâche qui leur incombait. Ce faisant, cela avait permis au dragon ancestral, par l’intermédiaire de son lieutenant, de commettre des atrocités. Tout cela était de leur faute, s’ils avaient réussi, le Destructeur n’aurait pas tué son amour de nécromant. Il sortit de chez lui, bien décidé à montrer la responsabilité des Héritiers du Destin à tout le monde.
                Il se dirigea vers la place centrale du Bosquet mais il se rendit compte de sa bêtise. Personne ne le croirait, tout le monde avaient trop d’estime envers les Héritiers du Destin pour s’opposer à eux, tout le monde sauf lui. Il se décida alors à agir seul. Thauma allait donc châtier ces êtres abjects, leurs jours de repos allaient toucher à leur fin. Comme première cible, l’élémentaliste ne trouva pas mieux que leur chef, la norn Eir Steigalkin. Mais avant de se lancer dans son entreprise morbide, il allait devoir affiner ses stratégies de combat car il allait faire face à de redoutables adversaires.
                Sa piètre maîtrise du feu ne lui permettait pas de tout détruire sur son passage, avec l’air il pourrait les tuer mais cela le rendrait vulnérable en cas de combat à plusieurs. Il chercha la meilleure approche pendant une semaine avant que la solution ne lui saute à l’esprit. Il allait se servir des enseignements d’Anrai. Anrai était un élémentaliste spécialisé dans la maîtrise de l’eau qui avait amélioré son art jusqu’à pouvoir contrôler l’eau dans le corps des êtres vivants. Cependant, cela causait la mort de l’être contrôlé et Thauma s’était enfui ne sachant pas si Anrai avait trouvé la solution. Le jeune sylvari, malgré sa peur, décida de retrouver Anrai pour bénéficier de ses enseignements.
                Thauma réfléchit longuement sur l’endroit où pouvait être Anrai. Aucun lieu ne lui venait à l’esprit. Il entreprit donc de rassembler tout ce qu’il savait sur Anrai, c’est un sylvari, un élémentaliste de l’eau, il est recherché par les sylvaris du Bosquet, il est peut être de connivence avec la Cour des Cauchemars mais aucun indice ne montre qu’ils travaillent ensemble. Le sylvari tourna et retourna tout ce qu’il savait dans tous les sens et d’un coup la solution lui vint. Anrai devait surement se trouver dans les terres sauvages de Brisban et plus précisément au lac caché.
                Son idée en tête, Thauma prépara ses affaires et partit dans l’heure qui suivit, il ne devait pas perdre de temps sinon d’autres innocents pourraient encore mourir du fait de l’incapacité des Héritiers du Destin.
     
                Le voyage vers le lac caché dura en tout 8 heures. Arrivé sur place, le jeune sylvari se mit à un endroit dégagé pour être vu notamment par Anrai.
     
    -Il y a quelqu’un ? Je recherche un sylvari du nom d’Anrai, cria haut et fort Thauma.
    - Qui le demande ? répondit une voix venant de derrière un buisson.
    -Thauma, un élémentaliste de l’eau voulant parfaire ses connaissances.
    - Ah, Thauma, je ne t’attendais plus, répondit la voix.
     
                Anrai sortit de derrière le buisson qui recouvrait en fait l’entrée de sa cachette et accueillit Thauma.
     
    - Alors, comme ça, tu veux finalement que je t’apprenne mon art. Après ton hésitation de l’autre fois, je me doutais que tu chercherais à me retrouver.
    - Oui, j’ai besoin de ton enseignement pour accomplir le but que je me suis fixé.
    -Très bien, mais n’en dit pas plus, je ne veux pas avoir plus d’ennuis que je n’en ai déjà.
     
                Sur ces paroles, les deux sylvaris discutèrent et finalement le soir vint et Anrai entreprit d’enseigner à Thauma son art.
     
    -Tu dois apprendre que les êtres vivants sont composés à grande majorité d’eau. Notamment leur sang qui court tout le long de leur corps. En manipulant le sang, tu peux les faire bouger à ton aise et leur faire faire ce que tu veux.
    - Dans mes souvenirs, c’était assez impressionnant. Par contre, avez-vous résolu le problème qui fait que les personnes manipulés meurent ?
    -Oh ça, oui. En fait, j’étais tellement excité en faisant les tests que sans le faire exprès je faisais chauffer leur sang ce qui conduisait à leur mort. Mais avec le temps, j’ai calmé l’excitation et cela est maintenant sans risque pour la personne contrôlée, répondit Anrai en mettant le « sans risques » entre guillemets.
    -Tant mieux, je ne voudrais pas que tout se finisse trop vite, répondit Thauma avec un rictus malsain.
     
                Anrai passa les deux heures suivantes à commencer l’apprentissage de Thauma puis les deux sylvaris partirent se reposer. Pendant son sommeil, Thauma revécu la bataille contre lieutenant de Zhaitan et ses hordes de mort vivants. Cependant, il se réveilla en sursaut juste avant la mort de Sierran. Sa conviction augmenta de manière exponentielle après ce rêve, il était plus déterminé que jamais, ces personnes n’avaient causé que trop de désespoir de par leur lâcheté. Ils devaient subir le juste retour des choses.
                Son apprentissage auprès d’Anrai dura une dizaine de jours, à la fin de ce délai, le jeune sylvari arrivait à contrôler les petits rats qui vivaient près du lac. Il décida donc qu’il était temps d’accomplir son funeste dessein. Il prépara ses affaires et se mit en route vers Hoelbrak cependant au moment de quitter le lac caché, Anrai le prit par le bras.
     
    -Tu dois quand même faire attention, pendant que tu contrôles quelqu’un, tu es très vulnérable et surtout n’oublie pas qu’un grand pouvoir implique de grandes destructions. Va mettre à bas les institutions tyriennes mais seulement si tu sens que cela t’apportera la paix intérieure que tu as perdue.
    -Merci Anrai, je tâcherai de revenir en un seul morceau et en paix avec moi-même. Mais évite de te faire trop d’espoir, même si je revenais, je ne serais chez moi nulle part.
    -Tu seras toujours le bienvenu ici mon jeune disciple. Allez, hâte toi, une longue route t’attend.
     
                Sur ces mots, Thauma repris la route vers Hoelbrak.
                La route ne fut pas la plus simple, nombre de dangers sévissent sur ce long chemin. Cependant, fort de ses nouvelles capacités, Thauma n’avait aucun mal à réduire les bandits et autres malandrins au silence. Le voyage dura un long moment, le sylvari avançant assez vite et ne s’arrêtant que pour se reposer brièvement.
                Quand Thauma commença à apercevoir les cimes enneigées des Cimefroides, son cœur fit un bond dans sa poitrine. Il n’avait jamais réellement réfléchi à la conséquence de ses actes et les flocons blancs lui rappelaient la chevelure de Yewien, aurait-elle voulu que Thauma aille la venger, qu’il tue pour elle. Tout d’un coup, sa détermination s’ébranla, il doutait du bien fondé de sa mission.
                Alors qu’il était dans ses pensées, un norn couvegivre lui sauta dessus et lui asséna un coup de sa massue. Thauma sentit le coup lui broyer la jambe. Il essaya de s’éloigner tant bien que mal mais le norn était plus rapide que lui. Il fit appel à l’élément de l’eau pour soigner sa blessure tandis que le norn armait un coup encore plus puissant que le précédent. Il se concentra pour canaliser l’énergie en lui et prendre le contrôle de ce monstre. Il lança son attaque en se concentrant sur le cœur du géant.  Son attaque fit mouche et l’élémentaliste vit le géant trébucher un peu. Thauma redoubla alors de concentration pour contrôler le couvegivre cependant celui-ci continuait d’approcher en trainant sa massue. Il essaya de le faire bouger mais le monstre était gelé et son sang ne circulait plus en lui. Thauma commença à désespérer, il était sans défense face à ce monstre, sa blessure à la jambe l’empêchait de fuir et les enseignements d’Anrai étaient sans effet sur le monstre. Le norn leva sa massue et renversa le sylvari, celui-ci était désormais à sa merci.
                Alors qu’il s’approchait pour donner le coup fatal, Thauma vit un sourire malsain sur le visage du couvegivre. Mais qu’avait-il fait pour en arriver là, son désir de vengeance allait-il le mener à sa perte. Thauma croyait que sa dernière heure allait sonner mais c’était sans compter sur l’arrivée d’Akinoria qui repoussa in extremis le monstre. Elle tira ensuite une salve de flèche qui acheva le géant.
     
    -Thauma, ça va ? Je me suis inquiétée quand j’ai appris ta disparition du Bosquet, j’ai eu peur que tu n’ailles commettre l’irréparable.
    -Merci Aki, répondit Thauma, en prenant la main que la rôdeuse lui tendait. Tu es arrivée à temps, je te remercie de m’avoir sauvé de ce norn.
     
                En prononçant ce mot, Thauma eut un goût amer dans la bouche, décidément, les norns étaient une entrave à son bonheur. Quoi qu’il fasse, un norn devait prendre quelque chose qui lui était cher …
     
    - Il n’y a pas de problèmes, répondit Akinoria avec un sourire franc, de ceux qui réchauffent le cœur. Par contre, faut que je prévienne Clearys que je t’ai retrouvé, il est parti voir en Kryte s’il ne te trouvait pas. Mais au fait, que fais tu ici, si loin du Bosquet ?
    -Je me rendais à Hoelbrak pour … m’entretenir avec Eir.
    -Si ça ne te dérange pas, je t’accompagne, il faut que j’y retrouve Elentar.
     
                Au prononcé du nom de son amour, Akinoria eut les yeux qui se mirent à briller. Thauma eut un pincement au cœur, l’amour qui irradiait des paroles d’Akinoria lui rappela celui qu’il portait à Yewien. Mais celui d’Akinoria était dévoué à un norn ce qui suffit à rendre cet amour moins beau aux yeux de Thauma.
                Avant de reprendre la route vers la capitale, la jeune rôdeuse appela son faucon qu’elle chargea de transmettre un message à Clearys. Surement pour l’avertir de leur retrouvaille pensa l’élémentaliste.
                La fin du voyage vers Hoelbrak se fit plus rapidement, les dangers étant écartés rapidement grâce aux flèches précises de la rôdeuse. Thauma se restreignait quand même d’utiliser son contrôle du sang sur les ennemis pour ne pas éveiller de soupçon chez son amie.
                C’est le soir venu que la cité norn s’étala devant leurs yeux. La cité en elle-même n’était pas particulièrement belle, les arbres ayant du mal à pousser sous l’épaisse couche de neige. Le soleil se reflétant sur le blanc de la neige donnait un caractère presque divin à la ville qui pourtant n’abritait que  les responsables des malheurs du sylvari et du monde.
                Akinoria rejoignit vite la demeure d’Elentar suivi de près par Thauma. Quand les deux se virent, ils s’enlacèrent, éclipsant tout autour d’eux. Leur monde n’en était réduit qu’à leur deux corps serrés l’un contre l’autre. Ce moment de bonheur partagé entre les deux amoureux était empli d’une profonde passion qui pouvait se lire dans leurs yeux. Ils étaient tout pour l’autre. Cette passion entre deux êtres, Thauma en avait vu mais jamais aussi forte. Une part de son esprit voulut que ses échanges avec Yewien aient eu une telle intensité tandis que l’autre part en était convaincu.
                Ce câlin entre les deux dura cinq minutes durant lesquelles rien n’aurait pu les interrompre. Une fois les deux séparés, Elentar alla saluer Thauma et il l’invita à entrer chez lui. L’intérieur était peu décoré, les meubles étant agencés de la manière la plus fonctionnelle qui soit mais quelques plantes fleurissaient par ci par là, sûrement qu’elles se trouvaient là grâce à Aki pensa Thauma.
                Elentar invita ses invités à s’asseoir autour de la table et il s’enquit de la raison de leur venue. Pendant que Thauma expliquait qu’il voulait voir Eir pour lui parler de la menace que représentait les dragons et pour en savoir plus sur Kralkatorrik et la manière de le combattre, Elentar ne quittait pas Akinoria des yeux et il sortit trois choppes remplies de bière. Thauma buvait quelques gorgées de ce breuvage typiquement norn en racontant son récit. Le sylvari ne comprenait pas l’attrait que ce peuple y trouvait, cette boisson avait un goût amer désagréable en bouche et elle ne coupait même pas la soif. Mais en y repensant, Thauma se dit que c’est tout de même la meilleure chose que les norns aient jamais fait.
                Avant que le sylvari n’ait fini sa pinte, une petite boule de poil se faufila entre ses jambes pour finalement grimper sur le norn. Elentar leur expliqua que ce cochon d’inde l’avait aidé à arrêter un braconnier qui exterminait les dolyaks aux environs de Hoelbrak. Le norn avait trouvé ce petit animal dans le pelage d’une carcasse de dolyak, la petite bête s’y étant cachée du danger. Elentar l’avait alors soigné et avait pris soin d’elle. Dolyakounet, le nom dont l’avait affublé le gardien, avait ensuite participé à la traque du braconnier grâce au formidable instinct donc faisait preuve le cochon d’inde dont il ne cessait d’en faire les louanges.
                Alors qu’Elentar racontait ses autres péripéties avec son compagnon, Dolyakounet restait le plus loin possible de Thauma, montrant les crocs et essayant de mordre dès que la main du sylvari passait trop près. Cela ne semblait guère inquiéter le norn préférant voir la scène d’un œil amusé.
                En partant se coucher, le grand norn repensa au récit de Thauma. Il était perplexe face à son histoire. Normalement, Thauma ne songeait qu’à soigner et redonner vie aux lieux inanimés. Dans ses souvenirs, Elentar ne vit aucun moment où le sylvari avait parlé de participer à la destruction d’un être quel qu’il soit. Mais il ne fit pas la remarque au sylvari. De plus, l’attitude de Dolyakounet était vraiment étrange, il était pourtant docile avec tout le monde sauf ceux qui avait du sang sur les mains ou qui étaient sur le point d’en avoir. L’instinct de son compagnon ne l’avait jamais trompé. Décidemment, tout cela était trop étrange.
                Le lendemain matin, Elentar attrapa Thauma par le bras avant que celui-ci ne sorte de la maison.
     
    -Attends, j’ai eu beau tourner ton histoire dans tout les sens, cela ne te ressemble pas. Qu’est ce qu’il se passe, que comptes-tu faire chez Eir. Réponds moi, tonna la voix d’Elentar.
    -Cela ne te regarde pas, répondit Thauma en libérant son bras de la main du gardien.
    -Tu es chez moi, donc en ces lieux, tu dépends de moi.
    -Retourne auprès d’Akinoria, ce sont des choses qui te dépassent, interjeta Thauma en lançant un regard froid au norn.
    -Tant que tu ne m’auras pas répondu, je ne te laisserai pas sortir, répondit Elentar en soutenant le regard du sylvari.
    -C’est mon dernier avertissement, norn ! Pousses toi ou subis mon courroux !
     
                Ces mots sortirent de la bouche de Thauma avec une telle détermination et une telle froideur que le gardien eut un moment d’arrêt. Il ne connaissait pas cette personne, ce n’était pas le Thauma joyeux et vouant sa vie à la protection des autres qu’il avait appris à connaître. Cependant, tant qu’il n’avait pas sa réponse, il était décidé à ne pas le laisser passer.
     
    -Tu ne veux pas bouger ? Soit, mais sache que tu le regretteras amèrement.
     
                Thauma fit comme le lui avait enseigné Anrai, il canalisa la magie de l’eau et augmenta son contrôle aux alentours et plus particulièrement en direction du grand norn. Thauma le fit bouger pour se libérer le chemin.
     
    -Qu’est ce qui se passe ? Que m’as-tu fait ?
    -Oh, rien de bien méchant, répondit Thauma en s’éloignant.
     
                Après avoir fait deux pas, il se retourna et afficha un rictus qui aurait fait pâlir le Roi Dément pour achever sa phrase « enfin pas encore ». Le rire sadique diminua au fur et à mesure que Thauma s’éloignait.
     
    -Crois tu que Yewien serait fière de toi en ce moment ? Qu’elle te suivrait dans tes délires ?
     
                Thauma se retourna vers le norn, une étincelle de violence dans les yeux.
     
    -Comment oses-tu prononcer son nom comme ça ?! Tout ce que je fais, je le fais pour elle. Elle était tout ce qui me tenait à cœur et maintenant je n’ai plus rien à part ce désir de vengeance. Tu ne sais pas ce que ça fait de perdre un être cher alors ne te permet plus de parler de ça avec moi.
    -Tu ne trouves pas que tu en fais trop ?! Thauma ressaisis toi, où est passé le sylvari joyeux que je connaissais. Comment es tu devenu ce psychopathe avec une soif de vengeance ?
    -Tu as atteint les limites de ma patience norn. Tu veux savoir pourquoi, je vais te montrer.
     
                Sur ces mots, Thauma retourna vers le logis du norn suivit par celui-ci qui ne contrôlait toujours pas ses mouvements. Dolyakounet se mit en travers du chemin mais il fut écarté rapidement grâce à l’orbe de lumière qu’Elentar fit exploser au côté du cochon d’inde. Ils se rapprochèrent d’Akinoria qui dormait et Elentar ne comprit que trop tard.
     
    -Non, par pitié, ne lui fait pas de mal, je ferai ce que tu veux mais ne lui fais rien, dit Elentar avec une lueur de désespoir dans les yeux.
    -Ne t’inquiètes pas, je lui ferai rien, mais tu devrais plutôt t’inquiéter de toi-même.
     
                Le bras du norn se leva et alla chercher le grand espadon qui était dans son dos pour s’en saisir. Elentar essayait tant bien que mal de lutter et de reprendre le contrôle de son corps mais il ne pouvait pas. Une fois l’espadon saisi, le gardien pria encore Thauma de laisser la vie de la dulcinée sauve, mais le sylvari refusait d’entendre.
                A cause des cris d’Elentar, Akinoria se réveilla  et recula de suite en voyant son amour l’espadon dirigé vers elle.
     
    -Non Thauma arrête !!! criait encore Elentar avec des sanglots dans la voix.
    -Tu vas connaître la souffrance que cela fait de perdre l’amour de sa vie.
     
                Le norn leva son arme au dessus de sa tête et avant que l’arme ne commette l’irréparable, Thauma tourna la tête vers son amie.
     
    -Je suis désolé, ce n’est pas contre toi, tu as toujours été là pour moi mais Elentar a été trop loin, il mérite ce châtiment.
    -Ce n’est pas grave, je savais que le jour où je retournerais à la terre et à l’Arbre Clair viendrait, répondit Akinoria. Cependant, promet moi que ma mort ne sera pas vaine, qu’au moins, j’aurais permis de faire avancer les choses ne serait ce qu’un peu.
    -Tu as déjà accompli tant de choses. Sans toi Elentar n’aurait pas réussi la moitié de ce qu’il a fait, tu peux être fière de toi.
     
                Et c’est alors que l’espadon décrivit sa descente en arc de cercle. Il transperça la rôdeuse de part en part au niveau de la taille avant d’achever sa course dans le pied du lit. Les draps furent recouverts du liquide vital de la sylavri. Thauma coupa alors son contrôle sur le grand norn et celui-ci s’écroula au côté de celle qui avait partagé ses nuits (purement platonique). Les deux amoureux se regardèrent avant que la Mort ne vienne faucher Akinoria. Des larmes perlaient sur leurs visages où l’on pouvait lire tous les moments intenses qu’ils avaient passés ensemble, leurs regrets et tout ce qu’ils n’auraient plus jamais l’occasion de faire. La rôdeuse essuya une larme sur la joue de son bien aimé et lui susurra pour la dernière fois ses mots d’amour.
                Puis le trépas arriva, Akinoria était morte. Son corps commença à s’effriter et la petite graine qui avait germé dans son cœur entra dans le sol devenu fertile grâce aux derniers relents de force vitale de la rôdeuse. La terre devint humide et une douce chaleur se dégageait de l’endroit où la graine était tombée. Il ne fallut pas longtemps pour qu’une petite pousse sorte et récupère dans ses racines les larmes du norn qui coulaient sur le sol. Cette pousse grandit rapidement et une fleur d’une magnifique beauté vint l’orner au sommet.
                Thauma sortit de la pièce et regarda l’endroit qu’il avait humidifié et chauffé pour que la graine croisse rapidement. Il devait bien ça à Akinoria, après tout, elle n’avait rien fait.
     
                Thauma sortit et se dirigea vers la maison d’Eir. Il devait finir au plus vite ce pourquoi il était venu. Eir accueillit le sylvari sans se douter que celui-ci voulait causer sa perte.
                Une fois installé sur le fauteuil, l’élémentaliste fit comme à son habitude, il canalisa sa magie pour la projeter dans Garm. Le loup se réveilla et couina. Eir lui lança un regard interrogateur et lut de la détresse chez son animal. Cependant, avant qu’elle ne puisse réagir, le loup bondit sur elle. Eir esquiva la morsure qui était destiné à son cou mais Garm fit quand même mouche et mordit le bras de sa maîtresse.
                Alors que Garm allait tenter un nouvel assaut, il prit peur et alla se réfugier sous une table. Thauma tourna la tête et vit que c’était Bridgesse qui avait lancé ce sort.
     
    -Tu vas regretter d’être venu seul, lui dit Thauma.
    -Qui te dit qu’elle est seule, répondit Hillys.
     
                Certains camarades de guilde de Thauma étaient arrivés. Il voyait Hillys, Xen et Bridgesse.
     
    -Allez vous en, je ne veux pas vous faire de mal mais je n’hésiterai pas.
    -Tu ne toucheras pas à un seul cheveu d’Eir, cria Xen, on t’en empêchera !
    -Soit, alors mourrez !
     
                Thauma lança Garm sur les trois lucioles qui venaient d’arriver mais Bridgesse lui fit encore peur. Hillys bandait son arc et tirait des salves de flèches sur Thauma mais celui-ci avait une aura magnétique autour de lui qui repoussaient les flèches. Pendant ce temps là, Xen essayait de briser l’emprise du sylvari sur le loup d’Eir.
     
    -Pourquoi fais-tu cela ? demanda Hillys
    -Par besoin de vengeance. S’ils avaient fait leur boulot et tué le dragon, ma Yewien ne serait pas morte, tout ça est de sa faute.
    -Elle ne mérite pas ça, penses-tu que Yewien aurait fait la même chose pour toi ? demanda Xen
    -Non, c’est vrai, elle n’aurait jamais fait ça répondit Thauma en baissant la tête.
     
                Soudain, son emprise sur Garm se coupa, il releva la tête et vit que Xen avait coupé le lien entre lui et le loup. Il sentit son sang bouillonner en lui. Ses amis osaient lui faire des coups par derrière. Il ne pouvait plus avoir confiance en personne, il devrait mener une vie de solitaire. Soit, mais au moins il serait en paix.
                Il regagna sa détermination et partit à l’assaut essayant de contrôler ses anciens amis. Cependant, une barrière aqueuse s’était formée autour d’eux ce qui déviait sa magie. Cynaris venait d’entrer dans la pièce suivit de près par Clearys, Brume, Autumn, Ramor, Jerad et Wyrr.
                Ils se regroupèrent tous derrière la barrière mais Thauma réussit à prendre le contrôle des familiers des rôdeurs. Il envoya donc Aisance, Moka et Garm les attaquer. Ce fut Ramor qui intercepta tous les animaux pendant que les autres essayaient de les repousser sans trop les blesser.
                Cette agitation permit à Thauma de tester la solidité de la barrière. Au moment où Aisance fondit en piqué sur le charr, il trouva la faille. Il exploita ce défaut et réussit à prendre le contrôle de Brume la nécromante. Il lui fit invoquer un golem de chair comme il avait vu Yewien le faire tant de fois et il l’envoya se jeter au milieu des autres rassemblés. Ils écarquillèrent les yeux quand ils virent le golem fondre à toute vitesse vers eux. Comme ils étaient tous en paquet, l’invocation fit de sérieux dégâts aux lucioles sans exceptions.
                Wyrr gisait sur le sol à côté de Jerad et Cynaris. Un peu plus loin, Clearys était recroquevillé aux côtés de Xen, Hillys et Ramor. Quand à Brume, elle n’avait pas été touchée par le golem mais Thauma avait ordonné à Moka et Garm de lui sauter dessus et de la mettre hors d’état de nuire.
     
    -Vous avez cru pouvoir m’arrêter, dit le sylvari en rigolant à gorge déployée. Maintenant, c’est au tour d’Eir de mourir.
    Vous êtes une sacrée bande de bras cassés tous autant que vous êtes, dire que je pensais que vous auriez pu me causer des problèmes, je vous ai trop surestimé.
    -Je pense plutôt que tu nous as sous estimé, répondit Autumn en sortant des ombres.
     
                Il se jeta sur Thauma et lui enfonça son poignard entre les omoplates. La froideur de l’acier le transperçant le ramena à ses pensées. Une partie de lui avait espéré qu’une luciole mette fin à ses jours avant qu’il ne commette l’irréparable. Cependant, plusieurs personnes avaient souffert à cause de lui, il n’était pas mieux que tous ceux qui tuaient des gens juste par plaisir. Mais cela était enfin fini. Cependant, rien ne ramènerait les personnes qu’il avait tuées à la vie, il devait se faire à cette idée.
                Thauma ne résista pas quand Autumn lui mit le coup de grâce, après tout, il le méritait.
     
     
     
                Au moment où la lame pénétra son corps pour la seconde fois, il se réveilla en sursaut.
     
    -Ah, tu es enfin revenu à toi, dit une voix qui lui paraissait familière.
     
                Il regarda autour de lui et il lui fallut un peu de temps avant de reconnaître l’infirmerie de la Garde du Lion. Il chercha ensuite d’où venait la voix. Il regarda sur sa gauche et il vit l’incroyable. Cette chevelure blanche ne pouvait être que celle de Yewien mais elle était morte. Etait-il dans une sorte de rêve après la mort ?
     
    -Tu n’es pas morte ? demanda Thauma
    -Moi ? Morte ? C’est plutôt à toi que je devrais demander ça, répondit Yewien en rigolant. Tu es tombé malade à cause d’Aile de Peste. Les médecins ont eu du mal à te stabiliser et ils ont dit que tu avais frôlé la mort à cause des toxines. Tu as aussi été très fiévreux, j’ai cru que je t’avais perdu. Mais heureusement, tu es là.
     
                Thauma regarda Yewien à la recherche d’une incohérence mais il ne trouva rien. Serait-il possible que ce soit la fièvre qui ait créé toute cette histoire ? Thauma n’en savait rien mais des cas d’hallucinations causés par la fièvre étaient fréquents.
     
    -Allez, je vais te laisser te reposer, je reviendrais te voir plus tard, dit Yewien après avoir déposé un baiser sur le front de Thauma.
     
                Celui-ci se rendormit juste après son départ.

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